L’épidémie d’Ebola, souche Bundibugyo, a fait plus de 5 000 morts en RDC depuis mai. L’OMS annonce l’arrivée prochaine de deux vaccins candidats dans un essai clinique, tandis qu’à Oicha, des soignants dénoncent leurs conditions de travail.
Au 1er novembre, les autorités sanitaires recensaient 10 532 cas confirmés et 5 126 décès en République démocratique du Congo, selon Radio Okapi. Huit provinces sont touchées. L’Ituri reste la plus durement frappée, avec plus de 7 400 cas et près de 3 500 morts.
Le journal EcoNews cite le Dr Jean Kaseya, directeur général d’Africa CDC. Il évoque plus de 10 600 cas confirmés et près de 5 200 décès, ainsi que 67 zones de santé touchées. Toujours selon ce rapport, plus de 85 % des nouveaux cas échappent au suivi des contacts. Près de deux décès sur trois surviennent dans les communautés.
Mercredi 4 novembre, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé que deux candidats-vaccins rejoindraient prochainement l’essai clinique « Tumaini ». Il s’agit du ChAdOx1, développé par l’université d’Oxford avec le Serum Institute of India, et du mRNA-1469, de Moderna. C’est une première pour cette souche, contre laquelle aucun vaccin n’a encore prouvé son efficacité chez l’être humain. Leur intégration reste soumise à l’approbation des autorités congolaises.
L’essai a débuté le 23 octobre à Bunia. Il repose sur la « vaccination en anneau » : les personnes ayant été en contact avec un malade confirmé sont vaccinées. Quatre anneaux sont déjà constitués. Le vaccin Ervebo, efficace contre la souche « Zaïre », est le premier évalué, mais son efficacité contre Bundibugyo est incertaine. Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a rappelé que les vaccins ne suffiraient pas, à eux seuls, à mettre fin à l’épidémie.
Sur le terrain, la riposte reste difficile. En Ituri, notamment à Mongwalu, l’insécurité, les groupes armés et les fortes pluies gênent la recherche des cas suspects.
À Oicha, dans le territoire de Beni (Nord-Kivu), les agents du Centre de traitement d’Ebola ont adressé un mémorandum aux autorités le 4 novembre. Ils dénoncent un manque d’équipements, l’absence de kits pour les patients et quatre mois de primes impayées. La coordination territoriale de la riposte assure que des démarches sont en cours pour trouver des solutions.