Selon la Banque mondiale, le taux de pauvreté a baissé au Gabon, mais le nombre de personnes pauvres reste presque identique à celui de 2017. Le rapport décrit aussi des finances publiques sous tension.
Environ 729 000 Gabonais vivaient sous le seuil national de pauvreté en 2024, contre 749 013 en 2017. C’est ce qu’indique la Note de conjoncture économique du Gabon 2026 de la Banque mondiale, présentée ce mardi 27 octobre à Libreville, d’après Info241.
Le taux de pauvreté est passé de 33,4 % à 28,7 % en sept ans. Mais la population a augmenté, de 2,24 à environ 2,54 millions d’habitants. Le nombre de pauvres n’a donc reculé que d’environ 20 000 personnes.
Le seuil retenu est de 840 400 FCFA par personne et par an, en prix de 2017. La Banque mondiale compte aussi environ 543 000 « quasi pauvres », juste au-dessus de ce seuil. Ils peuvent basculer en cas de perte d’emploi, de maladie ou de hausse du coût de la vie. Avec les pauvres, cela fait plus de 1,27 million de personnes fragiles.
Les écarts sont nets. Le taux de pauvreté atteint 19,6 % à Libreville, 32,2 % dans les autres villes et 47,6 % en zone rurale. Il monte à 60,2 % dans l’Ogooué-Ivindo. Pourtant, environ 581 000 des personnes pauvres vivent en ville.
Le rapport pointe aussi des risques pour les familles. Chaque membre supplémentaire dans un ménage augmente de 11,5 points la probabilité d’être pauvre. Les ménages dirigés par une femme affichent un taux de 32,2 %, contre 27,1 % pour ceux dirigés par un homme. Les inégalités ont progressé : le coefficient de Gini est passé de 0,376 à 0,406.
Côté emploi, le chômage s’élève à 17,4 % de la population active et à 30,5 % chez les jeunes.
Le rapport s’inquiète enfin des comptes publics. Selon la Banque mondiale, la dette atteindrait environ 80 % du PIB en 2025 et le déficit budgétaire environ 12 %. Les intérêts payés représenteraient 4,1 % du PIB, soit l’équivalent du budget de l’État pour la santé et l’éducation.
La Banque mondiale recommande notamment une protection sociale mieux ciblée et une meilleure gestion de la dette. Les réactions des autorités gabonaises à ce diagnostic ne figurent pas dans les sources consultées.