À Bangui, des automobilistes et mototaxis accusent le marché noir de priver les stations d’essence. Au Gabon, la SGEPP assure que les stocks sont suffisants et demande de ne pas stocker.
Pompe vide, files d’attente, prix qui grimpent : deux situations différentes se dessinent en Afrique centrale, à Bangui et au Gabon. Dans les deux cas, les consommateurs en subissent les effets au quotidien.
À Bangui, la colère des conducteurs
Selon Radio Ndeke Luka, les conducteurs de véhicules et de mototaxis dénoncent des difficultés d’approvisionnement. Ils accusent la vente de l’essence à des revendeurs à la sauvette. D’après eux, ces derniers perturbent l’accès aux stations-service et favorisent la flambée des prix. Ces usagers demandent aux autorités de mieux encadrer la distribution des produits pétroliers.
Au Gabon, une rumeur et un appel au calme
Dans un communiqué publié ce jeudi 29 octobre, la Société gabonaise d’entreposage de produits pétroliers (SGEPP) a réagi aux rumeurs de nouvelle pénurie dans le Grand Libreville. Selon Info241, elle affirme que ses stocks de carburant et de gaz sont à un niveau « satisfaisant ». Elle juge que « le niveau de stocks actuel ne justifie pas les annonces alarmistes relayées sur les réseaux sociaux ».
La SGEPP demande aux automobilistes de garder leurs habitudes et d’éviter les achats excessifs, notamment dans des bidons. Selon elle, une hausse brutale des achats peut vider des stations même quand les stocks nationaux sont suffisants. Elle invite aussi à se fier aux communications officielles plutôt qu’aux publications non vérifiées.
Cette inquiétude s’explique par le début du mois d’octobre. Le Grand Libreville avait alors connu plusieurs jours de difficultés d’approvisionnement en gazole, avec de longues files et un rationnement temporaire. Le 8 octobre, le ministère du Pétrole avait ordonné l’ouverture des stations 24h/24, certaines restant fermées malgré la présence de carburant.
Le système reste fragile : d’après la SGEPP, environ 60 % du carburant consommé au Gabon est importé, contre 40 % produits localement par la SOGARA. Un retard de navire ou de camions-citernes peut vite se voir dans les stations.
Reste à voir, dans les prochaines heures, si les volumes annoncés se traduisent par un approvisionnement régulier des pompes. À Bangui, les autorités n’ont pas, à ce stade, répondu aux demandes des usagers dans les sources consultées.